La section Gruyères du Parti socialiste est quinquagénaire. Elle a été fondée le 29 septembre 1966, au restaurant de la Croix-Blanche à Epagny. «Nous étions tous des salariés», se souvient Placide Bussard. Les signataires de l’acte de fondation: Maurice Castella, André Gremion, Robert Bussard, Honoré Grangier, Louis Ansermot-Monod et Placide Bussard. «La création d’une section socialiste était absolument nécessaire pour faire cesser une politique partisane pas vraiment équitable», de l’avis des pionniers du parti. Le changement s’est opéré en douceur au fil des législatures.

Placide Bussard et Robert Bussard lors 50ème anniversaire de la section (Photo : N. Repond)

Placide Bussard, postier, a motivé des habitants à soutenir les socialistes en expliquant souvent le mode de participation proportionnel aux scrutins électoraux. Il avait de nombreuses occasions de rencontrer la population locale. «Je leur expliquais qu’il fallait voter compact. La tendance était alors au panachage lors des élections. Les radicaux (autrefois liste populaire) faisaient la loi». La préparation des élections communales de 1970 s’est faite avec le soutien de socialistes bullois tels Louis Lanthemann, Georges Thallmann dit Botzi et Jean-Pierre Bühler. A cette époque le conseil communal de Gruyères se composait de 6 radicaux et 3 conservateurs. En 1970, deux socialistes sont élus. André Gremion et Placide Bussard ont fait valoir les valeurs du PS au sein de l’Exécutif. L’acquisition des deux sièges s’est faite au détriment des radicaux.

En 1974, les deux conseillers socialistes sortants sont reconduits dans leurs fonctions et André Magnin les rejoint au détriment, encore une fois, des radicaux. Le conseil communal est alors équitablement constitué de 3 conservateurs, 3 radicaux et 3 socialistes. La période est marquée par des divergences d’opinions sur de nombreux objets. En 1978, les socialistes remportent à nouveau trois sièges, occupés par André Gremion, André Magnin et André Pauchard. Formule reconduite en 1982 avec l’élection d’André Gremion à la syndicature. Poste qu’il occupe jusqu’en 1991, même si les socialistes perdent un siège en 1986.

En 1988, à l’instigation de Félicien Morel, conseiller d’Etat socialiste en désaccord avec son parti autour de la gestion des finances cantonales, une scission fracture le PSF et le PS Brocois rallie le nouveau et éphémère parti social-démocrate (PSD) à l’exception de Marcel Bulliard qui demande à la section de Gruyères d’accepter une fusion avec la section Broc-Botterens. Dans la foulée de ce bouleversement, «la section de Broc a quasiment disparu et c’était difficile d’avoir des sections locales dans plusieurs villages pourtant de sensibilité socialiste dans les urnes comme Broc et Le Pâquier» et la fusion s’est faite naturellement avec Gruyères pour Le Pâquier et l’Intyamon, se souvient Jean-Louis Aubry qui porta longtemps les couleurs socialistes comme syndic de sa commune du Pâquier et comme député.

En 1991, recul avec un seul siège socialiste occupé par Suzi Jones, la première femme socialiste élue au conseil communal. Elle n’y reste que jusqu’en 1993. Daniel Magnin la remplace en cours de législature. En 1996, Daniel Magnin est réélu et Benoît Baechler occupe le second siège socialiste durant une partie de la législature. Il est remplacé par Colette Dupasquier. En 2001, les deux socialistes son réélus, mais Colette Dupasquier démissionne en cours de législature. Elle est remplacée par Pascal Kaempfen.

En 2006, la nouvelle législature n’a plus qu’un siège socialiste occupé par Adolphe Vela. En 2011, le parti présente deux candidats et retrouve un deuxième siège. Sont élus Pascal Bricafiori et Monique Durussel Rudaz. Le conseil communal compte alors 4 PDC, 3 PLR et 2 socialistes. Il se féminise avec quatre élues rejointes par une cinquième en cours de législature. En 2016, l'intégralité du conseil communal est réélu pour une nouvelle législature.

 

31. jan 2016